Election présidentielle au Bénin : Quelle leçon de démocratie pour la sous-région ouest africaine notamment le Togo

Par Kodjo Epou

Si Lionel Zinsou était transpose dans le contexte électoral togolais, ce grand inconnu du public et des électeurs béninois aurait été élu président de la République, fort de son petit score des 27% obtenu au premier tour. Ses poursuivants directs, Talon et Ajavon, seraient alors restés dans l’opposition. Une image qui montre à satiété comment le mode de scrutin uninominal à un seul tour est une injuste et terrifiante anomalie qui peut porter à la magistrature suprême une minorité négligeable au détriment de la majorité. Parce que l’élection est à deux tours, et parce que le report des voies entre les deux tours est le moyen le plus légitime de départager les deux candidats en tête et de dégager un véritable leadership correspondant à la volonté populaire, le Benin s’est doté d’un président voulu et choisi par sa population. Les choses ne se passent pas de la même façon c’est-à-dire selon les normes régulières et démocratiques dans son voisin de l’ouest. Les expériences passées montrent à suffisance qu’au Togo, les chances d’une alternance, la possibilité d’un mouvement d’autorités a la tête de l’Etat et dans les autres compartiments de gouvernance de la République sont nulles, voire inexistantes. C’est en cela que l’opposition togolaise a péché et va continuer de pécher en substituant, comme par le passé, le mot d’ordre “reformes d’abord élections après” et ceci par une participation inconditionnelle aux élections. Le peuple civilisé du Benin a élu Patrice Talon. Parce que les jeux ont été clairs et transparents, son rival Lionel Zinsou, le vaincu, a, au nom de l’apaisement, fait l’appel de bienséance et de civilité pour féliciter le gagnant, reconnaissant de facto la victoire de celui-ci.

C’est ainsi que dans une démocratie active fonctionnent les institutions qui tiennent véritablement en compte l’élan populaire. Deux questions se posent alors à nous Togolais. Notre pays est-il en démocratie c’est-à-dire sous un système de gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple? Les hommes et les femmes à la tête des institutions de notre Togo à nous, peuvent-ils se targuer d’avoir le courage, et l’honneur qu’ont leurs homologues béninois? Le président du Togo Faure Gnassingbé peut-il revendiquer avec gloire son ascension au sommet de l’état à l’instar de ses pairs de l’Est, de l’Ouest et du Nord? Ces trois questions reviennent au même dénominateur, a une seule réponse qu’on peut aisément décliner en trois lettres : NON ! Un NON en lettres capitales qui maintient notre pays dans le clafoutis du même système vieilli et improductif. Ailleurs au Benin, au Ghana et au Burkina Faso, les institutions fonctionnent pour le peuple. Au Togo, elles sont en rébellion ouverte contre le peuple. D’où, à titre d’exemple, cette majorité automate et fantôme d’UNIR qui, faute de procéder aux réformes politiques dont le pays a tant besoin et en urgence, opte pour le statu-quo en explorant clandestinement les voies et moyens d’organiser des élections locales frauduleuses.

Un peu partout en Afrique, on voit que la démocratie, lentement mais surement, se marie avec la modernité alors qu’au Togo, l’autocratie et l’archaïsme cheminent main dans la main dans une cité totalement délabrée, un état failli que la qualité de vie, l’intégrité morale et le génie créateur ont fui. Pour cesser d’être ce lamentable et piteux état d’exception dans la sous-région, le Togo doit être reformé et ses politiciens doivent entamer de faire la politique comme au Benin voisin. C’est un impératif. N’en déplaise à Nicolas Lawson, le brumeux et très instable président d’un petit parti politique, le PRR. Ce chef de parti sans militants affirme éhontement avoir une préférence pour des reformes économiques et sociale au lieu des reformes politiques que le peuple togolais réclame. Question : La classe politique togolaise est-elle une des plus médiocres du continent ?

Il y a de quoi en venir à cette interrogation extrême. Ce qui est évident, le Togo est une monarchie aux raclures totalitaires dont ne peut filtrer rien de ragoutant pour l’avenir de la jeunesse.

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