FAURE GNASSINGBÉ : ÉCHEC D’UNE DOCTRINE

Par Pierre S. ADJÉTÉ

FAURE GNASSINGBÉ : ÉCHEC D’UNE DOCTRINE
Pierre S. ADJÉTÉ

Faure Gnassingbé souffre et fait souffrir le Togo. Faure Gnassingbé est indécis et retarde le Togo. Faure Gnassingbé tourne en rond et pense pouvoir étourdir tout le monde. Sauf qu’il est trop tard pour que les Togolaises et les Togolais renoncent à la liberté démocratique. Trop tard pour renoncer à l’alternance au Togo.

Au Togo, la situation est loin d’être claire. La situation est même confuse, à dessein, pour décourager le Peuple dans sa quête d’émancipation d’un régime qui se satisfait de son invouloir et se plaît dans sa propre faillite.

En temps normal, l’erreur est humaine. Mais le Togo est loin de la normalité, loin d’une normalité républicaine, très loin d’une normalité quelconque dans la catégorie « Raisonnable ».

En temps normal, nul n’est exempt de la malfaisance. En politique plus qu’ailleurs, les précoces intentions et irrésolutions peuvent avoir raison des volontés et des volitions tout aussi hâtives. Le recours aux expériences et aux compétences permet de s’en sortir, et le pardon, l’indispensable Grand Pardon, fait bien le reste. Mais au Togo l’on est têtu ; l’on se plaît à ne pas écouter, l’on se plaît à surjouer l’imposture, l’on se complaît dans l’éphémère loi de la force brute, la force militaire et la répression, hors de toute raison…

Sauf que les temps ont changé. Tellement que le recours à la CEDEAO par le pouvoir togolais dans la solution de la crise togolaise, persistante, ne peut être corrompu par ce même pouvoir présidentiel togolais sans qu’il n’en subisse aucune conséquence. Ainsi, le coup de force permanent fonde la doctrine Faure, malheureusement.

Liberté… Cette Loi Parfaite

Imposer sa manière de faire, traditionnelle et insuffisante, et continuer à infliger des élections truquées locales, législatives et référendaires à tout un monde, y compris à la CEDEAO, est la caractéristique principale de la doctrine Faure. Pour y arriver, semer la zizanie, corrompre les esprits et les corps où qu’ils se trouvent, renoncer à la parole et à la vertu, tout cela est devenu une seconde nature pour un si jeune président. Sauf qu’une telle dérive personnelle, parce que c’en est toute une, ne peut faire la République que les Togolais recherchent.

Trois mandats présidentiels plus tard, la supercherie désire continuer à sévir sans retenue, sans ouverture et sans alternance. Sauf que tout change. Sauf qu’il est devenu compromettant de déshériter les Togolais de la démocratie et de l’alternance dont il n’est pas propriétaire. Faure Gnassingbé s’est véritablement compromis cette fois-ci en faisant appel à la CEDEAO.

Pour avoir réussi un coup de force en 2005, Faure Gnassingbé est resté pris au piège de sa prétendue technique répressive de conservation de pouvoir. Sauf que le monde a bien changé. La nouvelle bataille démocratique est sous surveillance, sous une vigilance sans pareille, sous une détermination insoluble dans les manigances et les manœuvres passéistes.

Aux vues et au su de tout le monde, sous les réverbères d’un Peuple togolais assoiffé de liberté et d’une CEDEAO mise à l’épreuve de sa propre indolence passée, il est difficile de penser que Faure Gnassingbé et ses Adowuinon confisqueront encore la démocratie, ou la détourner dans des élections illégitimes. Le jeu dangereux de Faure Gnassingbé est véritablement confronté à la plus parfaite des lois, celle annoncée et vécue, celle qui correspond au mieux à l’histoire des humains : la Loi de la Liberté.

C’est l’éthique même de l’apaisement politique au Togo ; l’éthique du retour à la République. Cette dernière reste un devoir qui éloignera le Togo de cette crainte d’une « Explosion sociale » qui semble terrifier les esprits les plus optimistes. Surtout pas ! À l’échec de la doctrine Faure Gnassingbé, le Togo doit survivre et grandir. Tenons bon !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.