Cri de détresse des 614 agents licenciés de la SNPT : Tous les regards sont tournés vers Faure Gnassingbé après 10 ans d’injustice sociale

Cri de détresse des 614 agents licenciés de la SNPT : Tous les regards sont tournés vers Faure Gnassingbé après 10 ans d’injustice sociale

Par Serge Lemask, togo-online.co.uk

Alerter Faure Gnassingbé, dernier recours des 614 agents licenciés de la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT), pour qu’il fasse de sorte que les souffrances atroces soient abrégées et les décès en cascade estompés. C’est l’objectif d’une conférence de presse animée par le groupe de réflexion des licenciés de la SNPT du 14 janvier 2009. Cette alerte fait suite au silence total qui entoure cette affaire qui constitue une sorte de nébuleuse dans laquelle s’effondre tout espoir.

Abusivement licenciés le matin du 14 janvier 2009 pour raison économique, dans un théâtre qui viole les règles et procédures en matière de licenciement collectif et rupture de contrat de travail, les 614 agents de la SNPT n’ont de cesse pris d’initiatives pour rentrer dans leur droit comme le dispose les textes et lois qui régissent le secteur du travail au Togo. De tentatives de règlement à l’amiable à un procès auprès de la Cour d’appel de Lomé, ces agents disent épuiser toutes les cartes, d’où l’initiative de cette sortie face à la presse nationale et internationale pour pousser un cri de cœur à l’endroit du président de la République, Faure Gnassingbé afin que celui-ci ordonne la mise à disposition des agents licenciés, des 551 millions restants des droits légaux de licenciement et aussi d’un montant de 1 milliards de francs cfa à titre de dédommagement quant aux préjudices causées par ce licenciement aux contours très obscures.
Plusieurs faits têtus amènent les agents à soupçonner des mains noires qui œuvreraient à empêcher l’aboutissement des différentes procédures engagées depuis le début de cette affaire.

Violation des règles et procédures en matière de licenciement collectif et rupture de contrat de travail
Un flou total entoure le processus de mise en œuvre du licenciement des 614 agents obligés de tirer le diable par la queue. Selon le groupe de réflexion, la liste des 614 agents aurait été constituée de façon secrète et mystérieuse (CCIT, article 16-17). En témoigne l’affichage nocturne de la liste par des individus cagoulés, aussi le non-respect des règles, critères d’élection en matière de licenciement collectif (CCIT, article 21) : ordre de licenciement, qualification professionnelle, anciennetés et charges familiales. Il ressort également dans les explications du groupe de réflexion, une improvisation et une volonté manifeste de régler des comptes à des agents indésirables ou gênants, aussi l’intrusion sur la liste des licenciés de 48 agents qui devraient régulièrement être admis à la retraite au 31 décembre 2008.

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Paiement partiel des droits légaux et des mesures d’accompagnement

Les droits légaux partiellement payé n’ont été qu’au profit des banques et autres institutions de micro finances qui les ont happé, aussitôt qu’ils sont virés sur les comptes des agents licenciés. Il faut surtout se poser des questions autour des 551 millions restants que réclament aujourd’hui les agents licenciés. Selon le collectif, ces fonds se seraient volatilisés ou carrément détournés par des mains noires qui opèreraient pour empêcher que ces agents en bénéficient. Ici, les agents licenciés parlent de complicité de l’inspecteur du Travail de leur ressort, M. TOGBOSSI, à travers une interview intitulée : « Le licenciement comme une alternative dans les entreprises », accordée par celui-ci au quotidien officiel Togo-Presse, dans sa parution du 27 février 2009.

Procédure judiciaire plombée par des mains obscures
Ce n’est un secret pour personne que la justice Togolaise est tétraplégique et excelle dans une injustice notoire, face aux saisines des citoyens désabusés par une tierce, à plus forte raison le pouvoir auquel la justice est inféodée. On peut donc classer dans l’ordre normal de cette injustice, la disparition du dossier constituer par les avocats des 614 agents licenciés. Si dans un premier temps, il a été noté une obstruction du dossier en première classe, en appel, c’est tout le dossier qui sera porté disparu entre 2013 et 2015, obligeant les avocats à consacrer toute l’année 2016 à la reconstitution d’un nouveau dossier, donc tout reprendre à zéro. Face à cette reconstitution, vu que l’objectif visé par cette opération « disparition de dossier » n’a pas été atteint, c’est la technique « report après report » qui est développée autour du dossier reconstitué. Ce que le groupe de réflexion appelle « dilatoire ».

Un licenciement abusif aux lourdes conséquences pour les 614 agents
Il faut avoir du cœur pour supporter ce que ces agents subissent depuis le 14 janvier 2009 où leur vie a changé de sens de façon brutale et inattendue. Nombreux sont ceux qui ont vu leur foyer brisé ; leur famille démunie et plongée dans la misère la plus noire. Nombreux sont ceux parmi eux qui ont été obligés d’abandonner leurs enfants. Plus d’une centaine ont laissé leur vie suite aux souffrances extrêmes faisant des veuves et orphelins en errance. Nombreux sont ceux qui sont humiliés et brisés par leurs créanciers. D’autres sont atteints de démence.

C’est fort de tout ce qui précède que le groupe de réflexion a jugé opportun de monter au créneau pour demander la médiation de Faure Gnassingbé. Le groupe dit avoir en juillet 2009, pu rencontrer le chef de l’Etat qui a instruit ses collaborateurs concernés par cette affaire de rouvrir le dossier et de lui faire des propositions concrètes, lesquelles propositions seraient sur sa table depuis des mois. Et dire que les travaux qui ont abouti aux propositions ont été conduits par Mme BITHO du cabinet d’audit IIC ; Gilbert BAWARA, ministre du Travail et de la Fonction Publique ; Noupokou DAMIPI, alors ministre des Mines et de l’Energie et SEMONDJI Djossou, ancien ministre.

Ce mystérieux dossier mérite d’être clôturé pour soulager les peines et souffrances du reste des 614 agents qui subissent depuis 10 ans cette injustice sociale, surtout que nous sommes aujourd’hui dans un mandat dédié au social.

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