Regain d’acharnement contre le PNP : Des manœuvres suspectes du pouvoir à l’approche des législatives

Regain d’acharnement contre le PNP : Des manœuvres suspectes du pouvoir à l’approche des législatives

Par Serge Lemask, togo-online.co.uk

Le pouvoir garde toujours un œil sur le parti de TikpiAtchadam. Les intimidations et les violences perpétrées contre les militants du PNP à la suite du soulèvement populaire du 19 août 2017 ont repris. Inquiétant.

Le parti UNIR est adepte des vacarmes trompe-œil. Malgré les agissements et le semblant de quiétude affichée, le régime cinquantenaire est frileux. Il n’hésite pas à montrer ses faiblesses à l’égard de ses adversaires politiques, comme de recrudescents acharnements contre le Parti national panafricain (PNP) observés ces derniers temps.

Dimanche 09 septembre dernier, alors que les militants et sympathisants du PNP tenaient leur réunion hebdomadaire dans une maison à Djagblé, banlieue nord-ouest de Lomé, les hommes lourdement armés y ont fait irruption. La maisonnée a été passée à tabac et tout ce qui servait de sièges a été emporté. Une dizaine de personnes a été arrêtée. Toujours dans la même journée, et cette fois au Nord, une réunion du parti à l’emblème du cheval juché sur ses deux pattes de derrière, a été suspendue par la gendarmerie. Raison invoquée, elle n’aurait pas été informée. Curieux !

Comme si cela ne suffisait pas, c’est la Délégation spéciale de la ville de Tsévié qui colle au PNP des taxes. « Je viens vous informer des taxes à payer par le Parti national panafricain (PNP) sur ses affiches et murs peints à Tsévié », lit-on dans une note datée du 06 septembre passé. « Lors de notre rencontre du 13 août 2018 tenue à la salle polyvalente de la Mairie de Tsévié, nous avions convenu ensemble que le Parti national panafricain doit se mettre en règle par rapport aux taxes sur la publicité à payer étant donné que toute action publicitaire dans la ville de Tsévié est assujettie au payement de taxes commerciales. Suite à la rencontre susmentionnée, mes services sont partis sur les lieux pour prendre les dimensions et les calculs ont été faits. Par conséquent, conformément aux bases de nos taxes et aux mesures prises, vous aurez à payer une somme de cinq cent soixante-dix-sept mille huit cent francs (577.8000) CFA par an à la commune de Tsévié », se justifie Bruno KossiLoglo, le Président de la Délégation spéciale.

Cela s’appelle se donner bonne conscience pour cacher d’autres mobiles. Et le président de la Délégation spéciale est visiblement dans un rôle trouble. Sa démarche semble indiquer qu’il est pointilleux sur les ressources générées par sa ville. Mais l’état que présente Tsévié est loin de dire qu’il contrôle tout. Visiblement, il y a un zèle comme celui d’il y a quelques mois de l’administrateur du marché de la ville. Ce dernier a imposé des surtaxes à certains commerçants pour la simple raison qu’ils n’avaient pas présenté des vœux au maire. Deux types avec des méthodes à géométrie variable envers certaines catégories de citoyens qui ne veulent plus être remorquées aux vieilles méthodes du parti au pouvoir. Bruno Loglo veut montrer patte blanche mais il s’est mal pris.

Loin de nous de défendre un parti, nous aurions aimé que les raisons invoquées à l’égard du PNP soient retenues contre les affiches du parti UNIR dont la plupart ont déteint et que personne n’ose enlever. Ou que le président de la Délégation spéciale de la ville de Tsévié soit affecté à Lomé pour appliquer ces mesures afin de renflouer les caisses des recettes municipales.

Affiches publicitaires, parlons-en peu. Dans un dossier que nous avons fait il y a quelques années et dans lequel avions relevé comment ces affiches créent une pollution visuelle dans la capitale avec des plaques publicitaires anarchiques avec des formats multiformes, une source de la Direction des affaires financières (DAF) de la mairie de Lomé, nous a confié au cours de nos investigations sa peine par rapport à certaines régies publicitaires détenues par les hommes du pouvoir en place. Il confiait : « Nous n’avons pas le pouvoir de leur demander de payer les impôts », se plaignait-il. Plus grave, disait-il, « certains panneaux publicitaires ne devaient pas être implantés puisqu’ils ne sont pas conformes aux normes; mais comme ils appartiennent aux affiliés au pouvoir, nous ne pouvons rien ».

En clair, le domaine des affiches publicitaires est une zone de non droit pour certains et de passe-droits pour d’autres. C’est deux poids deux mesures, comme on le voit avec le président de la Délégation spéciale de Tsévié. Et c’est pourquoi sa démarche paraît curieuse, surtout que le régime ne fait rien au hasard quand il s’agit de monter des cabales ou des alibis pour neutraliser ses adversaires. La méthode ne semble pas changer. Elle n’est même pas recyclée pour être un tant soit peu un masque. Au RPT/UNIR on continue avec les vieilles habitudes. Et c’est pourquoi la recrudescence des actes de violences commises ces derniers jours à l’endroit des militants et sympathisants du PNP semble obéir à une machination mise en branle contre ce parti à l’approche des législatives. Et cela suscite des interrogations. Le PNP fait-il peur ? De toute évidence, oui par rapport à ceux qui développent des phobies à la vue de la couleur rouge ou du cheval juché sur ses deux pattes de derrière.

Mais face, à ces intimidations, le Parti national panafricain est sorti de sa réserve pour condamner ces acharnements sans cesse dont il est victime. « Le PNP condamne avec la dernière rigueur ces violations répétées des libertés fondamentales à l’égard des militants et sympathisants d’un parti légalement constitué, le Parti national panafricain », a réagi Dr SamaKossi, le Secrétaire Général du parti. Il a demandé la restitution des sièges emportés et pris à témoin l’opinion nationale et internationale. « Le panafricain prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur la volonté manifeste du régime à vouloir étouffer les aspirations profondes de tout un peuple en bafouant ses droits les plus élémentaires », a-t-il déclaré.
Source : L’Alternative

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