Le FCTD relève des incongruités et appelle le peuple à se mobiliser

Le FCTD relève des incongruités et appelle le peuple à se mobiliser
Les responsables du FCTD face à la presse

Par Serge Lemask, togo-online.net

Le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) était face à la presse nationale et internationale à la maison de la santé, siège du SYNPHOT, pour se prononcer sur l’actualité sociopolitique du Togo, actualité marquée ces derniers jours notamment par la convocation d’un corps électoral fantôme, au même moment où l’Assemblée nationale procédait à la nomination du cinquième et dernier représentant des partis parlementaires de l’opposition, tel que listés par la coalition des 14 partis politiques de l’opposition (C14).

Dans une déclaration liminaire, le FCTD relève des incongruités dans le comportement et de la CEDEAO et aussi du RPT/UNIR qui s’obstine à organiser des élections dans un contexte où les conditions devant permettre la transparence ne sont pas réunies. Comme provocation, la CENI illégitime de Kodjona Kadanga publie un communiqué pour informer l’opinion de la prorogation de 72h, de l’opération de recensement électoral, en violation de l’esprit du relevé de conclusion du 23 septembre et la feuille de route du 31 juillet 2018.

Le FCTD indique qu’il est temps de se rendre à l’évidence que Faure Gnassingbé et son Gouvernement sont un danger pour la République ! Ils sont foncièrement contre toute idée de démocratie et l’instinct de conservation du pouvoir étant remarquablement congénital pour les Gnassingbé. Ainsi, le FCTD appelle les Togolais à prendre leur destin en main pour bâtir un autre Togo avec des Institutions qui commandent aux hommes et non l’inverse ! Pour la prorogation de l’opération de recensement, le FCTD n’appellera pas les Togolais à s’associer à aucun processus, si les réformes ne sont pas opérées.

Lire le communiqué du FCTD

DECLARATION LIMINAIRE

Chers camarades journalistes, chères concitoyennes et concitoyens, mesdames et messieurs,

Il n’est un secret pour personne que depuis plus d’un an déjà, le Togo notre pays traverse l’une des crises la plus grave de son histoire. A mesure que le temps avance, cette crise prend des proportions de plus en plus inquiétantes. Tant les actes que pose le Gouvernement togolais démontrent à suffisance que ce dernier ne se situe pas dans la logique de la résolution pacifique de la crise, mais celle de conservation du pouvoir à tout prix et par tous les moyens. Le dernier en date est la décision prise par le Gouvernement en son Conseil des ministres le 08 novembre 2018 de convoquer le corps électoral pour la tenue des élections législatives le 20 décembre 2018.

Il faut noter que cette intention machiavélique qui jalonne les actes que pose le Gouvernement était déjà manifeste depuis la publication de la feuille de route de la CEDEAO le 31 juillet 2018 : le Gouvernement a, par sa ruse habituelle, et de force d’ailleurs, détourné le débat sur les réformes qui est à l’origine même de la crise, pour ne focaliser l’attention des Togolais que sur les élections législatives, motif pris de ce que la feuille de route de la CEDEAO a indiqué la date du 20 décembre 2018 pour leur tenue.

Et les actes qu’il a posés depuis lors, procèdent de cette intention maligne et révèlent plusieurs incongruités :

– 1ERE INCONGRUITE

Au lendemain même de la publication de la feuille de route de la CEDEAO le 31 juillet 2018, sans aucune concertation, ni avec la classe politique de l’opposition représentée par la C14 au dialogue, ni avec le Comité de suivi de la CEDEAO, et faisant fi des mesures d’apaisement et de confiance, ainsi que des réformes constitutionnelles et institutionnelles, toutes prescrites par la même feuille de route, le Gouvernement et UNIR s’engagent dans une aventure électorale sans lendemain, intimant l’ordre à la CENI de reprendre ses travaux, alors que ceux-ci avaient été suspendus pour défaut d’inclusivité de l’Institution qui en avait la charge. Le Gouvernement fait instaurer sciemment et malicieusement un débat insidieux et inutile sur la question liée à la recomposition de la CENI ; cependant, cette dernière, très incomplète et de manière unilatérale, poursuit le chantier électoraliste.

– 2EME INCONGRUITE

Le 23 septembre 2018, pour trancher cette question liée à la recomposition de la CENI, le Comité de suivi de la CEDEAO indique clairement dans son relevé de conclusions :

« Au titre de la CENI, les deux parties se sont félicitées de propositions visant à obtenir une CENI plus inclusive et plus équitable par une participation plus importante de l’opposition. Aussi, a-t-il été reconnu le droit et la liberté pour chacune des parties, comme le prévoit du reste la loi, de désigner librement ou de maintenir ses représentants : cinq (5) pour la majorité parlementaire, cinq (5) pour l’opposition parlementaire. En outre, il a été retenu au titre des six (6) représentant les parties extraparlementaires et la société civile, que chacune des parties concernées coopte trois (3) conformément au code électoral. Les parties ont été encouragées à aller dans le sens de la mise en œuvre de ses propositions pour l’application de la feuille de route. Les parties concernées doivent désigner leurs représentants respectifs à la CENI d’ici le 30 septembre 2018 ».

Malgré cette résolution d’une clarté cristalline, le Gouvernement et sa majorité reviennent à la charge et dénient catégoriquement à la C14 tout droit d’envoyer et de faire nommer ses huit (08) représentants à la CENI.

Le 22 octobre 20018, l’Assemblée Nationale organise un coup de force et refuse la nomination des huit représentants envoyés par la C14 depuis 30 septembre 2018. Sur cinq (05) membres représentant les partis politiques de l’opposition parlementaire, seuls quatre sont élus. Le 24 octobre 2018, le Gouvernement et sa majorité tiennent une conférence de presse, essaient de justifier la forfaiture de la Représentation nationale, affirment et soutiennent mordicus qu’en définitive, il n’existe pas « sept ou huit représentants de la Coalition à la CENI ». Entre temps, la même CENI poursuit et achève le recensement lancé à partir du 1 er octobre 2018.

– 3EME INCONGRUITE

Le 08 novembre 2018 ; premier coup de théâtre : contre toute attente, et alors que ni la CEDEAO, ni les Facilitateurs, encore moins le Comité de suivi ne s’étaient encore prononcés sur le blocage entretenu par le Gouvernement et sa majorité, avec la complicité de leur allié l’UFC, l’Assemblée Nationale ravalent ses vomissures et procède à la nomination du cinquième représentant des partis de l’opposition parlementaire à la CENI. Ce qu’il faut noter d’important et de capital, c’est qu’à cette période, le recensement était fini ; l’UFC ayant été utilisée, avec sa propre complicité bien-sûr, pour accompagner UNIR dans le processus de recensement.

– 5EME INCONGRUITE

Le même jour où l’Assemblée Nationale nommait le cinquième représentant de l’opposition parlementaire au titre de la CENI ; second coup de théâtre : le Gouvernement annonce par décret pris en Conseil des ministres, la convocation du corps électoral. Le contentieux des listes électorales n’ayant pas été ouvert, le rapport des Experts commis pour auditer le « fichier » électoral n’étant pas connu, il est clair que le Gouvernement a convoqué un corps électoral incertain et inexistant.

De l’autre côté, la CENI, devenue depuis un instrument, une véritable marionnette entre les mains du Gouvernement et sa majorité, verse dans une course de vitesse et commence par cafouiller. Par deux (02) communiqués N°27 et 28 du même jour, 10 novembre 2018, elle ouvre le dépôt des candidatures pour les législatives en acceptant des dossiers incomplets et donc tend un appât à la C14 en prorogeant la période de recensement de trois (03) jours sur toute l’étendue du territoire national ; ceci, pour tenter de se conformer à un communiqué de la facilitation de la CEDEAO publié la veille, c’est-à-dire le 09 novembre 2018. Rappelons que c’est cette même date que le gouvernement adopte, en Conseil des ministres, (donc deux en l’espace de 24 heures, une grande première), un projet de loi portant modification des articles 59, 60 et 100 de la Constitution et relatifs à la limitation du mandat présidentiel, au mode de scrutin de l’élection présidentielle et à la composition de la Cour Constitutionnelle et à la limitation du nombre de mandats de ses membres.

C’est le lieu de rappeler qu’en réaction à la feuille de route de la CEDEAO lors de sa conférence de presse du 02 août 2018, le FCTD s’était inquiété en ces termes :

« Cependant, la date du 20 décembre 2018 prévue pour la tenue des élections législatives participe d’un délai très court et devra être à titre indicatif, dans la mesure où une fixation sur cette date pourrait amener certains acteurs de mauvaise foi à escamoter les questions cruciales liées aux réformes, à la refonte et à l’apurement du fichier électoral ».

Aujourd’hui, les faits nous donnent clairement et totalement raison. Au point où les Togolais sont en droit de se demander à quel jeu joue la CEDEAO ? L’Institution communautaire est-elle réellement consciente de la crise que traverse le Togo ? Et dans l’affirmative, est-elle en mesure de nous aider à la résoudre ? Sans risque de nous tromper et au regard de l’actualité, il semble clair que la CEDEAO s’est laissée aller aux manœuvres du Gouvernement, soit par excès de complaisance et de confiance, par manque de sincérité et de franchise envers ce Gouvernement, soit par manque de lucidité, d’esprit d’appréciation des facteurs réels de la crise, soit enfin par complicité.

Son dernier communique qui a surpris plus d’un Togolais et tous les observateurs avisés de la crise togolaise, témoigne de ce constat et recèle de véritables cafouillages et incohérences que l’Institution a fait preuve.

Relevons quelques-unes de ces incohérences :

  • Comment la CEDEAO peut-elle prétendre regretter l’absence de toutes les parties concernées au sein de la CENI au point 3 de son communique et au même moment, avaliser le travail que cette même Institution a produit jusque-là ?
  • Si la facilitation de la CEDEAO dit se réjouir du déploiement de ses Experts et Observateurs électoraux pour accompagner et superviser tout le processus de préparation et d’organisation des élections, comment et pourquoi devrait-elle continuer par faire une fixation sur la date du 20 décembre 2018 pour la tenue des élections législatives ?
  • A quoi serviront les rapports que ces Experts vont produire, alors que la date du 20 décembre 2018 reste maintenue et que le Gouvernement a, à cet effet, convoqué un corps électoral incertain et inexistant ?
  • Comment les facilitateurs peuvent-ils se dire être conscients que la recomposition équitable de la CENI facilitera une plus grande implication de tous les acteurs et feindre d’ignorer qu’une telle CENI paritaire et équitable n’existe pas encore à cause du blocage sciemment provoqué par le pouvoir et son allié UFC et entretenu par eux ?
  • Comment et par quels moyens les facilitateurs tiennent-ils à rassurer toutes les parties que toutes les dispositions nécessaires à l’élaboration d’un fichier électoral fiable et crédible et à des élections inclusives, crédibles et transparentes sont prises, alors qu’une des parties à ce processus reste toujours en marge, du fait du plocage que cause l’autre partie ?
  • En quoi l’audit du fichier par des Experts peut-il constituer un gage supplémentaire quand, sans attendre le rapport de cet audit, le gouvernement convoque, avec la bénédiction de la CEDEAO, un prétendu corps électoral ?
  • Les incohérences et le cafouillage dont fait preuve la facilitation dans ce communiqué ne sont-ils pas aux antipodes du calme et de la retenue souhaités de la part de tous les acteurs togolais ?

En tout état de cause, la CEDEAO est une fois de plus interpellée et elle placée devant sa responsabilité historique et joue la carte de sa crédibilité dont elle répondra entièrement du fait de la complaisance et de la légère avec lesquelles elle aura géré la crise togolaise.

Le FCTD invite instamment et une fois encore le Gouvernement à faire preuve de responsabilité et de patriotisme, et à abandonner cette pagaille savamment orchestrée, qui cache une intention machiavélique indigne d’un Etat en marche vers la démocratie.

Pour le FCTD, il est temps de se rendre à l’évidence que ce Gouvernement est un danger pour la République ! Il est foncièrement contre toute idée de démocratie et l’instinct de conservation du pouvoir lui est remarquablement congénital. Les Togolais doivent prendre leur destin en main pour bâtir un autre Togo avec des Institutions qui commandent aux hommes et non l’inverse !

Et pour y parvenir, seules la mobilisation et la détermination payeront. Le FCTD invite donc tous les Togolais sur toute l’étendue du territoire national et de la diaspora à rester fortement mobilisés et à participer massivement aux prochaines manifestations citoyennes pour exiger les réformes d’abord et les élections ensuite.

« Que viennent les tyrans, ton cœur soupire vers la liberté ! Togo debout, luttons sans défaillance » !

Fait à Lomé le 12 novembre 2018

Le Front Citoyen « TOGO DEBOUT »

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